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Saturday, June 14, 2014

Nietzsche, la déraison du vivant.

NIETZSCHE, LA DÉRAISON DU VIVANT

Thomas Roussot
PHILOSOPHIE EUROPE

Cet essai évoque l'influence des lieux de villégiature de Nietzsche sur son oeuvre, soulignant ses divers sauts, tant sur le plan géographique qu'intellectuel, affectif et relationnel, traçant un itinéraire de vie et de pensée autour de quelques grands thèmes, la jeunesse, l'amour, la solitude, la déraison, les périples, la transgression ou l'autonomie. L'interaction entre le vécu sensible et la formation d'idées novatrices a marqué de façon significative tout le parcours existentiel de ce philosophe...

L’inquiétante collusion américano-européenne sur la vente à la consommation d’animaux clonés.



Le mercredi 18 décembre 2013, la Commission européenne avait simplement proposé d’interdire purement et simplement le clonage  animal à but alimentaire dans l'UE, mais avait « étrangement » renoncé à bannir la vente de viande ou de lait des descendants des animaux clonés. 

"La Commission propose d'interdire la technique du clonage pour les animaux d'élevage et d'interdire l'importation d'animaux clonés vers l'UE", avait alors annoncé le commissaire européen chargé de la Santé, Tonio Borg, au cours d'une conférence de presse.
"Nous proposons d'interdire la technique du clonage à des fins alimentaires et les importations d'animaux clonés ».
"Mais nous ne faisons pas de proposition sur l'étiquetage pour la viande fraiche de bovins descendants d'animaux clonés"
, complétait pourtant le commissaire.
Il faut savoir que les embryons et semences d’animaux clonés sont commercialisés et exportés, et leurs descendants sont élevés aux Etats-Unis, et dans quelques pays d’Amérique latine (Argentine, Brésil, Uruguay).
L'UE importe chaque année jusqu‘à 500.000 tonnes de viande bovine des Etats-Unis et d'Argentine, ces pays ayant autorisé le clonage à des fins commerciales, et ces pays ne présentent  aucun système de traçabilité.
Pourquoi une telle législation de protection sanitaire à géométrie variable ?
D’une part parce que les Etats Unis ne souhaitent tout simplement pas réaliser  ces contrôles et que l'Union européenne ne tient pas à bloquer ces très importantes importations, afin, selon certains observateurs, d’éviter un conflit commercial comparable à celui induit par l'interdiction du boeuf aux hormones américain.
Mais en fouillant plus attentivement dans les dossiers officiels de l’Union européenne, l’on découvre une autre explication, beaucoup plus inquiétante. Un véritable cheval de Troie stratégique s’est immiscé en amont dans la politique de santé publique française. Et il porte un nom : Beckman Coulter.

Beckman Coulter est spécialisée dans « les sciences de la vie », prestataire de services en génomique et pharmacogénomique des plus grandes entreprises pharmaceutiques et institutions académiques à travers le monde. Cette société, née du regroupement de Beckman Coulter Agencourt Bioscience et de Cogenics, emploie plusieurs dizaines de milliers de personnes réparties sur 5 sites aux Etats-Unis et en Europe (Royaume-Uni, France et Allemagne, siège en Suisse, dans le canton de vaud).

Elle est spécialisée dans la centrifugation et la cytométrie en flux, dans l'électrophorèse capillaire, la caractérisation des particules et de l'automatisation de laboratoire, et ses produits sont utilisés à l'avant-garde de domaines importants de l'enquête, y compris dans la protéomique. Elle propose notamment une expertise technique combinée à un service de plates-formes technologiques exploitées en environnements réglementaires (GLP, cGMP, CLIA), fournissant données, analyses et « approche innovante » pour toutes  études cliniques ou projets de recherche liés au génome : du séquençage, de l'échantillon simple d'ADN aux projets de génome complet. De l’analyse d'expression de gènes au profilage de microARN, de l'analyse statistique à la bioinformatique des données. Travaillant avec de nombreux laboratoires français : http://www.france-biotech.org/tag/accord-avec-la-societe-beckman-coulter/, Beckman Coulter ne se contente pas de collaborer avec les chercheurs français.


Selon le document du Journal officiel de l’Union européenne datant du 15.2.2006, elle est purement et simplement chargée d’assurer les tests de dépistage de santé publique concernant les ovins et les caprins, donnant même son nom au test en question !


« Toute modification des tests rapides et des protocoles de test est soumise à l’approbation du laboratoire de référence communautaire (LRC) pour les EST. Le LRC a approuvé des modifications au test post mortem de dépistage rapide de l’ESB appelé «Inpro CDI». Le LRC a également accepté le changement du nom du test en «Beckman Coulter InPro CDI kit». »

Cela signifie en clair, que l’Union européenne a chargé une entreprise américaine d’assurer des tests de prévention et de contrôle de santé publique concernant une alimentation qui provient notamment des USA et comprend donc des animaux clonés que la même Union européenne refuse de voir produits par les agriculteurs français, tout en ne souhaitant pas dans le même temps réaliser une traçabilité visant lesdites importations américaines.

Ci-joint ledit document :
15.2.2006
Journal officiel de l’Union européenne
L 44/9
FR
RÈGLEMENT (CE) No 253/2006 DE LA COMMISSION du 14 février 2006
modifiant le règlement (CE) no 999/2001 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les tests rapides et les mesures d’éradication des EST chez les ovins et les caprins
(Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE)
LA COMMISSION DES COMMUNAUTÉS EUROPÉENNES,
vu le traité instituant la Communauté européenne,
vu le règlement (CE) no 999/2001 du Parlement européen et du Conseil du 22 mai 2001 fixant les règles pour la prévention, le contrôle et l'éradication de certaines encéphalopathies spongiformes transmissibles (1), et notamment son article 23, premier alinéa,
considérant ce qui suit:
(1) Le règlement (CE) no 999/2001 fixe les règles régissant l’éradication des encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST) dont la présence a été confirmée dans un troupeau d’ovins ou de caprins; il dresse également une liste des tests rapides agréés pour la surveillance des EST.
(2) Conformément au règlement (CE) no 999/2001, modifié par le règlement (CE) no 260/2003 de la Commission (2), certaines mesures s’appliquent, depuis le 1er octobre 2003, lorsque la présence d’une EST a été confirmée dans un troupeau d’ovins ou de caprins. À l’époque, il n’était pas possible d’isoler systématiquement chez les ovins et les caprins deux types d’EST susceptibles d’atteindre ces espèces, à savoir la tremblante et l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). Des mesures strictes ont donc été mises en place, au motif que toute EST détectée chez des ovins ou des caprins pouvait être l’ESB.
(3) Conformément au règlement (CE) no 999/2001, modifié par le règlement (CE) no 36/2005 de la Commission (3), des tests de discrimination sont obligatoires, depuis le mois de janvier 2005, dans tous les cas d’EST confirmés chez les ovins et les caprins. Selon les résultats préliminaires de la surveillance renforcée exercée en 2005 sur les ovins et les caprins conformément au règlement (CE) no 999/2001, modifié par le règlement (CE) no 214/2005 de la Commission(4), on peut exclure la présence de l’ESB dans tous les cas d’EST détectés à ce jour. Les mesures d’éradication des EST chez les ovins et les caprins seront revues dans le contexte de la feuille de route pour les EST. Toutefois, l’examen de la question ne sera pas terminé avant la fin de l’année 2005.
(1) JO L 147 du 31.5.2001, p. 1. Règlement modifié en dernier lieu par le règlement (CE) no 1974/2005 de la Commission (JO L 317 du 3.12.2005, p. 4).
(2) JO L 37 du 13.2.2003, p. 7.
(3) JO L 10 du 13.1.2005, p. 9.
(4) JO L 37 du 10.2.2005, p. 9.
(4) Dans le but d’éviter l’entrée en application, pour l’éradication des EST chez les ovins, de mesures plus strictes, alors qu’un débat est en cours sur leur révision éventuelle, il convient de prolonger les mesures transitoires qui régissent actuellement, jusqu’au 1er janvier 2006, la reconstitution des troupeaux abattus à des fins d’éradication des EST.
(5) Dans son rapport du 2 septembre 2005, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a recommandé qu’un nouveau test post mortem de dépistage rapide de l’ESB soit agréé. Il convient d’inscrire ce test sur la liste des tests rapides mis en œuvre aux fins de surveillance de l’ESB.
(6) Jusqu’à présent, aucune évaluation formelle n’a été réalisée sur des tests destinés spécifiquement aux ovins et aux caprins. Cinq tests rapides figurant actuellement sur la liste de l’annexe X du règlement (CE) no 999/2001 ont été approuvés à titre provisoire (dans l’attente d’une évaluation), sur la base des données fournies par les fabricants, pour le programme de surveillance concernant les ovins et les caprins.
(7) Dans ses rapports du 17 mai et du 26 septembre 2005 relatifs à l’évaluation de tests post mortem rapides destinés aux ovins et aux caprins, l’EFSA a recommandé l’octroi d’un agrément à huit nouveaux tests, y compris les cinq tests rapides qui avaient été approuvés à titre provisoire. Il convient d’inscrire ces tests sur la liste des tests rapides visant à la surveillance des EST chez les ovins et les caprins.
(8) Toute modification des tests rapides et des protocoles de test est soumise à l’approbation du laboratoire de référence communautaire (LRC) pour les EST. Le LRC a approuvé des modifications au test post mortem de dépistage rapide de l’ESB appelé «Inpro CDI». Le LRC a également accepté le changement du nom du test en «Beckman Coulter InPro CDI kit».
(9) Il convient donc de modifier le règlement (CE) no 999/2001 en conséquence.
(10) Les mesures prévues par le présent règlement sont conformes à l'avis du comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale,

L 44/10
Journal officiel de l’Union européenne
15.2.2006
FR
A ARRÊTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:
État membre.
Fait à Bruxelles, le 14 février 2006.
Article premier
Les annexes VII et X du règlement (CE) no 999/2001 sont modifiées conformément à l'annexe du présent règlement.
Article 2
Le présent règlement entre en vigueur le vingtième jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de
l'Union européenne.
Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout
Par la Commission
Markos KYPRIANOU
Membre de la Commission

15.2.2006
Journal officiel de l’Union européenne ANNEXE
1. À l'annexe VII du règlement (CE) no 999/2001, le point 6 est remplacé par le texte suivant:
«6. Pendant une période de transition pouvant s'étendre jusqu'au 1er janvier 2007 au plus tard et par dérogation à la restriction formulée au point 4 b), les États membres peuvent décider, lorsqu'il est difficile d'obtenir des ovins de remplacement d'un génotype connu, d'autoriser, dans les exploitations auxquelles s’appliquent les mesures visées aux points 2 b) i) et ii), l'introduction de brebis non gestantes de génotype inconnu.»
2. À l'annexe X du règlement (CE) no 999/2001, chapitre C, le point 4 est remplacé par le texte suivant:
«4. Tests rapides
Aux fins d'exécution des tests rapides conformément à l'article 5, paragraphe 3, et à l'article 6, paragraphe 1, les
méthodes suivantes sont utilisées en tant que tests rapides pour la surveillance de l'ESB chez les bovins:
— test fondé sur la technique du Western blot pour la détection de la fraction résistant à la protéinase K PrPRes (test Prionics-Check Western),
— test ELISA en chimioluminescence faisant appel à une méthode d'extraction et à une technique ELISA, utilisant un réactif chimioluminescent renforcé (test Enfer & Enfer TSE Kit version 2.0, préparation automatisée d'échantillons),
— immunodosage de la PrPRes par la méthode immunométrique à deux sites, dite méthode “en sandwich”, après dénaturation et concentration (test Bio-Rad TeSeE),
— immunodosage sur microplaques (ELISA) pour la détection de la PrPRes résistant à la protéinase K avec anticorps monoclonaux (test Prionics Check LIA),
— immunodosage dépendant de la conformation, test de détection d’antigène ESB (test Beckman Coulter InPro CDI kit),
— test ELISA en chimioluminescence pour la détermination qualitative de la PrPSc (test CediTect BSE),
— immunodosage à l'aide d'un polymère chimique pour la capture sélective de la PrPSc et d'un anticorps de détection monoclonal dirigé contre les régions conservées de la molécule de PrP (test IDEXX HerdChek BSE Antigen Test Kit, EIA),
— immunodosage en chimioluminescence sur microplaques pour la détection de la PrPSc dans les tissus bovins (test Institut Pourquier Speed’it BSE),
— immunodosage à flux latéral à l'aide de deux anticorps monoclonaux différents pour la détection des fractions de la PrP résistant à la protéinase K (test Prionics Check PrioSTRIP),
— immunodosage à deux sites à l'aide de deux anticorps monoclonaux différents dirigés contre deux épitopes présents à l'état hautement déroulé dans la PrPSc bovine (test Roboscreen Beta Prion BSE EIA Test Kit),
— test ELISA sandwich pour la détection de la PrPSc résistant à la protéinase K (PK) (test Roche Applied Science PrionScreen),
— capture d’antigènes ELISA à l'aide de deux anticorps monoclonaux différents pour la détection des fractions de la PrP résistant à la protéinase K (test Fujirebio FRELISA BSE post mortem rapid BSE).
Aux fins d'exécution des tests rapides conformément à l'article 5, paragraphe 3, et à l'article 6, paragraphe 1, les méthodes suivantes sont utilisées en tant que tests rapides pour la surveillance de l'EST chez les ovins et les caprins:
— immunodosage dépendant de la conformation, test de détection d’antigène ESB (test Beckman Coulter InPro CDI kit),
— immunodosage de la PrPRes par la méthode immunométrique à deux sites, dite méthode “en sandwich”, après dénaturation et concentration (test Bio-Rad TeSeE),
— immunodosage de la PrPRes par la méthode immunométrique à deux sites, dite méthode “en sandwich”, après dénaturation et concentration (test Bio-Rad TeSeE Sheep/Goat),
— test ELISA en chimioluminescence faisant appel à une procédure d'extraction et une technique ELISA, utilisant un réactif chimioluminescent renforcé (test Enfer TSE Kit version 2.0),
L 44/11
FR

L 44/12
Journal officiel de l’Union européenne
15.2.2006
FR





immunodosage à l'aide d'un polymère chimique pour la capture sélective de la PrPSc et d'un anticorps de détection monoclonal dirigé contre les régions conservées de la molécule de PrP (test IDEXX HerdChek BSE-Scrapie Antigen Test Kit, EIA),
immunodosage en chimioluminescence sur microplaques pour la détection de la PrPSc dans les tissus ovins (test POURQUIER’S-LIA Scrapie),
test fondé sur la technique du Western blot pour la détection de la fraction résistant à la protéinase K PrPRes (test Prionics-Check Western Small Ruminant),
immunodosage en chimioluminescence sur microplaques pour la détection de la PrPSc résistant à la protéinase K (test Prionics Check LIA Small Ruminants).
Pour tous ces tests, l’échantillon de tissu utilisé doit être conforme au mode d’emploi du fabricant.
Le fabricant des tests rapides doit avoir mis en place un système d'assurance de la qualité agréé par le laboratoire de référence communautaire et garantissant l'efficacité constante des tests. Le fabricant doit fournir le protocole de test au laboratoire de référence communautaire.
Les tests rapides et protocoles de test ne peuvent être modifiés qu'après notification des modifications au laboratoire de référence communautaire et à condition que celui-ci constate que les modifications n’altèrent pas la sensibilité, la spécificité ou la fiabilité du test rapide. Ce constat sera communiqué à la Commission et aux laboratoires de référence nationaux.








Runaway Train

Thursday, April 10, 2014

La mort du code-barres

Présentation

Inutile donc de faire comme s’il restait une part de joliesse dont on pourrait encore s’enorgueillir benoîtement. Inutile, puisque le cœur, moribond, s’apprête à lâcher. Cela fait bien longtemps que les rires ont jauni ; et puisque tout le monde s’en fout manifestement, autant vomir en public les haines et idéaux dont le mélange indigeste ne passe définitivement pas. Alors ça casse. Et avec les rêves balayés, c’est l’être dans son entièreté qui casse, interdit de cité. Il n’y a rien à faire : ça ne passe pas, alors ça casse. Membres épars et cœurs fêlés, ça casse. Sentiments dégonflés et rêves effondrés, ça casse. Dans l’indifférence générale. Indifférence si outrageusement fardée de discours humanistes que ce maquillage suranné ne parvient plus à masquer la dialectique de putréfaction qui travaille en profondeur tous les corps sociaux que l’humain s’est inventés pour faire écran, pour détourner son regard d’un vide qu’il ne sait affronter. Réseaux de trompes-l’œil, jeux de dupes : le trop plein de vivres à toujours consommer n’endigue pas la mort qui consume à jamais des mouvements de l’âme trop creux pour durer. Ça casse. L’obscénité du monde abonde dans le non-sens de sa vacuité : c’est l’inertie ambiante, la dialectique de l’inanité. Surproduction de verbiage, surmultiplication des artifices. Et pourtant rien n’y fait. Encore et toujours : ça ne passe pas, alors ça casse.

Note : Vous pouvez aussi commander ce livre en librairie (notez le n° ISBN : 978-952-273-377-1)

Sunday, May 12, 2013

Essential Killing, un taliban à visage humain.


Alors qu’une grève de la faim sans précédent frappe le camp de Guantánamo, c’est l’occasion de se replonger dans le film ascétique et spectaculaire à la fois, Essential Kiling, du polonais Jerzy Skolimowski, qui, même s’il ne propose aucune lecture à proprement parler politique du sujet, déploie une plongée brutale et hypnotique dans le conflit afghan.
http://nawaat.org/portail/2013/05/08/guantanamo-une-greve-de-la-faim-sans-precedent/

Jerzy Skolimowski songeait aux avions de la CIA qui atterrissent dans un endroit  gardé secret  en Europe  Centrale, amenant des prisonniers du Moyen-Orient et faisant des choses mystérieuses avec eux, quand il a rédigé le scénario de ce film.
Il roulait en 4x4 sur la neige quand il a glissé et s’est retrouvé au bord d’un précipice. Il s’est arrêté juste à temps. Puis a réalisé qu’il se trouvait à moins de 5 km d’une possible piste d’atterrissage, et que c’était probablement la route que prenaient la plupart des convois pour transporter les prisonniers. Le cinéaste a songé que son dérapage pouvait aussi arriver aux véhicules de ces convois de prisonniers. Tout est parti de cet aspect factuel, parce qu’il a eu un accident, il a décidé de créer ce personnage qui va  faire face à la neige pour la première fois  de sa vie, pieds nus, en état de choc, menotté, avec sa combinaison orange.  Pour s’enfuir. Et ce, par tous les moyens. En moins de deux heures, il a rédigé le scénario du film, avec cette énergie propre aux inspirations artistiques fulgurantes.
http://www.youtube.com/watch?v=_0CR2N4xbfQ

« Vous êtes les trois seuls en vue. La voie est libre. » Trois soldats américains appuyés par un hélicoptère de combat, munis de détecteurs anti-mines,  s’aventurent au fond de vallées  afghanes. Un taliban banalement nommé Mohammed (Vincent Gallo), pourvu d’un physique d’occidental,  qui semble dès les premiers plans comme un « être-jeté », présent malgré lui, récupère sur un cadavre un lance-roquette. « Tous les barbus qui vivent dans ces cavernes, même les plus arriérés.. », échanges de propos à la cantonade entre soldats américains, en mode dilettante, « La voie est libre. Oncle Sam ! Je suis déjà défoncé. » Ils fument de l’herbe.  Soldats éliminés. Le taliban a visé juste. La cible est désormais prise en chasse par l’hélicoptère cette fois. Un missile air-sol le touche. Il semble inerte. Non. Il se tient la tête. Se touche les oreilles. Le souffle de l’explosion. L’ouïe perdue ?
Un escadron s’en empare. Menotté. Cagoulé. Emmené dans un camp qui s’apparente à Guantánamo. « Est-ce que tu comprends l’anglais ? » L’interrogatoire débute. « Joue pas les débiles. Réponds, dépêche-toi. Tu vas l’ouvrir espèce d’enfoiré. » Ca siffle dans ses oreilles. Le sifflement strident des bombes, de l’indicible. Il ne répond de rien. On le rase. Entre deux aboiements canins. « Enlève ton pantalon. Enlève ta chemise. Tu bouges pas la tête. » La torture commence. Un médecin contrôle son état. L’être-pour-la-mort semble le sceau métaphysique qui caractérise le personnage principal.
Visions, voix dans sa tête ? Les traumatismes répétés, donnés et infligés, semblent fragmenter le rapport au temps du fugitif, à moins qu’il ne s’agisse non d’hallucinations mais de pures phases extatiques « Ce n’est pas toi qui les as tués. C’est Allah. »
Casque insonorisant. Cagoules d’ébène. Déportation. Convoi, porc-épic sur route enneigée. Le véhicule où il se trouve dérape, plonge dans un ravin. Le captif s’échappe. Découvre une voiture de civils. Pieds nus sans limaces. Il lève les bras, comme pour se rendre. Le conducteur écoute du Black Metal. Apprend que ce sera des jumeaux par sa copine au téléphone. Le taliban l’exécute. Luisant de sang aux  pommettes.  Mange des restes trouvés dans la boîte à gants. Quitte le véhicule. La neige tournoie aux alentours. Il halète, Chasseurs alpins aux trousses. Blancs. Cerner la cible. On la perd. On la renifle. On la débusque. Elle s’échappe. S’éclipse sous des arbres, se fait happer par un piège à loups, immobilisée. Se défait de sa botte enserrée. Il ôte sa chaussette ensanglantée et la glisse sous la laisse d’un chien de type bâtard, providentiellement de passage. Givre et sang. Frénésie d’aboiements. Repérage. La « nudité première » (René Char) des choses sera à l’oeuvre durant tout le film.  Cette fois un chien-loup s’apprête à  le transpercer. Il glisse, chute, coule. Ciel rosé. Sécrétion des traces de pas poignardant la poudreuse. La forêt boit la nuit, laissant affleurer des nappes blanchâtres à ses cimes.  Cerné. Lâcher son arme ? Cercle lunaire. Pigeons, chameaux, segments de branchages, coqs, il est sur une voie, possiblement sans issue, paille, abri de fortune. Cerfs, eau stratifiée, stalactites, branches tordues sous lesquelles se plier pour passer, accéder à la clairière ? Fourmilier pour repas, ruissellement. La cible s’enfuit dissimulée à bord d’un camion ramenant des tronçons de sapins à une scierie locale. Repéré par les employés. Arbre tronçonné s’abattant sur ses flancs. Lune montante, écorce de sapins. La guerre est déclarée pour lui bien qu’elle lui soit odieuse. Il arrive que l’on aime ce qui est mauvais pour soi et déteste ce qui est bon. Mais l’on ignore pourquoi. Et ce taliban ne semble plus conscient de lui-même, encerclé qu’il est par la virginité neigeuse infinie, Il décapite un employé à la tronçonneuse. Verglas ? Pureté, assurément. Rivière, bois. Nettoyer ces mains éperdument ensanglantées. Mousse, sève, corbeaux, buée, évanouissement. Mares, falaises marbrées, lapiaz. Textile bleuté flottant, branchages entremêlés, jusqu’à l’étourdissement. Femme en burqa. Main contre le cœur. Odeur du sang qui attire la meute canine. Croix de terreur. Il tend les mains vers le ciel, hurle de peur, la folie guette. Se couche, prêt pour la dévoration. Rien ne vient. Il prie ? Un homme pêche en bord de rivière. Ellipse, il le rejoint. Saisit sa dernière proie, un poisson. « T’es fou ou quoi ? Etouffe-toi avec ! Espèce de monstre ! » Il le dévore vivant. Une femme  à vélo s’arrête pour allaiter son bébé. Il la met en joue. Pour allaiter à son tour. Tétanisée, elle s’évanouit. Lampe-torche, « celui qui se bat au nom d’Allah,  nous lui accorderons une formidable récompense. » Il s’endort à même la souche des arbres glacés. S’approche d’une bâtisse en bois. Tracteur, accordéon, saoulerie. Le groupe d’invités s’en va. Une femme sourde-muette, Margaret (Emmanuelle Seigner), demeure  seule, l’aperçoit branlant, tremblant,  le tire comme une bûche chez elle. Découvre son arme. Il est inanimé. Ecoute son cœur. Touche sa plaie. Découvre la béance. Il hurle. Elle s’effraie. Le panse quand même. En silence. Lui offre un cheval. Croix au mur. Le taliban silencieux reprend sa place d’homme dans le monde, il n’est plus seul, fou, ni soldat, par son entremise silencieuse, grâce à elle. Elle l’a habillé, soigné, le terroriste terrorisé n’est alors plus qu’un homme qui va mourir,  sur un cheval. Un homme.
Son sang se répand sur son ultime monture. Enturbanné de noir, d’écarlate et de blanc, il meurt. Libre.

Saturday, February 18, 2012





Avant-propos

 Noir Désir c'est avant tout un groupe d'amis qui a flirté avec cette soif d'absolu à laquelle toute jeunesse aspire.
Un groupe dont l'épicentre se nomme Bertrand Cantat. Une discographie fulgurante, tourmentée, écorchée vive, mais tout aussi souvent à la recherche de la pureté simple, du dépouillement intègre, balançant sur scène des fusées de joie et de révolte. Un parcours chaotique et flamboyant qui a ébranlé la scène musicale française de ces dernières décennies, et au-delà, bien des consciences, bien des conformismes, tant médiatiques, économiques, artistiques que politiques. Cette spirale infernale, sonore et humaine, qui aspirait au grand incendie, pouvait-elle se conclure autrement que dans le tragique ?
Nul ne pourra jamais répondre à cette interrogation, mais ne demeure que l'essentiel : une oeuvre. Et qui sait, en plongeant en elle comme en un volcan non éteint, se trouvent sans doute encore des morceaux de vérité, des pépites d'insurrection, des  éclairs d'innocence qui s'offrent toujours à l'auditeur sensible, pénétrant l'embrasure existentielle ouverte à celles et ceux qui veulent encore croire en leur étoile.
Pourquoi cette formation rock a su entrer plus qu'aucune autre en communion avec un public en attente de singularité sans concessions, comment des textes poétiquement exigeants ont pu trouver un tel écho populaire ?
Le positionnement radical du groupe vis-à-vis de sa propre médiatisation, ses engagements citoyens de plus en plus manifestes au long de cette carrière hors-normes, cette faculté de surfer entre spectacle et anonymat, violence et sensibilité, ses influences littéraires et idéologiques, la personnalité déterminante de Cantat et finalement le drame de Vilnius. Ce livre se propose de disséquer ces questions et d'autres plus adjacentes, d'entrer en gravitation autour de cette étoile filante, de cet astre fou qui luit encore et dont l'avenir demeure ouvert sur le possible, cet astre qui a su traverser des trous noirs pour renaître à plusieurs reprises de ses cendres et qui est définitivement nommé Noir Désir.  Irréductiblement, cruellement, librement. Un groupe de rock qui a proposé des torrents de lumière et d'obscurité,  établissant des liens invisibles avec son public. Une pluie de chansons pour insurgés, ivres de poésie et de colère, à en faire rajeunir les morts. À la bouche de Cantat ont raisonné des secousses sismiques, des fulgurances dissidentes qui ont épaulé toute une jeunesse, frappée par ces mots descendus d'ailleurs, ces notes qui ont circulé dans leurs entrailles,  notes nerveuses, épineuses, combattives, sans demeure ni bannière, ouvrant des gouffres, entaillant des rêves impossibles, décimant la résignation et l'apathie, laissant des sentiers ouverts devant nous, mêmes couverts d'écorchures et d'ecchymoses, des contrées  pour assoiffés de torrents qui mènent ailleurs. Pour le pire et le meilleur.

Le procès de l'excès chez Queneau et Bataille.

Préface

Florence Charrier révèle à travers cet essai la puissance transgressive de deux œuvres méconnues et pourtant symptomatiques de Bataille et Queneau, à savoir Le Procès de Gilles de Rais et Les Fleurs Bleues. On pourra y découvrir une grille de lecture à la fois psychanalytique et philosophique, dévoilant à travers la galerie de personnages hétéroclites l'excès et ses implications ontologiques. L'on y trouvera notamment chez Bataille un érotisme frénétique, des sacrifices d'enfants au service de sensualités débridées, des crimes envisagés comme pur moyen de délectation, autant de transgressions des normes morales posées sans la moindre justification pathologique qui tranchent avec tous les discours éthiques aspirant à comprendre et contextualiser des actes pour tenter de leur ôter leur charge d'arbitraire.
L'appétit des protagonistes à contempler leur propre débauche souligne le rôle de la conscience assujettie aux sens, aspirant à se dissoudre dans le plaisir de l'annulation d'autrui. Les rituels démoniaques décrits d'abord par Bataille sont minutieusement ordonnés, l'ordre et le calcul savamment établis chapeautant ces dérives comportementales. Au cœur de l'analyse du procès de Gilles de Rais prévaut la violation des lois normatives via une structuration psychologique à la fois primitive et hédoniste située aux antipodes des valeurs de l'amour courtois naissant alors.
Le compromis des règles sociales échafaudées par le monde adulte ne concerne  pas le "héros" accusé, tout n'y est pour lui qu'enfantillage, excès énergétiques.
La fortune du Maréchal de France offre à son imaginaire perverti des horizons infinis. Le Moyen Âge dans son commencement ne condamne aucunement la violence, la férocité est au contraire une marque d'élection pour nombre de chevaliers.

Gilles de Rais fut connu pour sa démesure dans les pillages qu'il pratiquait. Le goût du sang et tout bonnement du crime était imprimé et légitimé dans son esprit par sa propre fonction sociale.
La féodalité offrait la possibilité d'une dépense irrépressible des désirs et perversions invisibles aux foules, à l'abri qu'elles étaient de forteresses opaques. Ce n'est qu'en violant les lois de l’Eglise après avoir pénétré armé dans une chapelle pour y prendre en otage un prêtre pendant l’office que ses stratagèmes de tortionnaire allaient connaître un terme. L'aberration des mœurs n'est définie que par des normes sociales fluctuantes et parfois peu regardantes quand les victimes expiatoires proviennent de couches sociales méprisées. La personnalité atypique de Rais se confronte à des critères prétendus naturels que la souveraineté de son désir ne veut reconnaître, plongé qu'il est dans les abysses de la volupté. La complémentarité d'Eros et Thanatos lui procure l'extase de l'illimité et de la totalité, via ses multiples connections charnelles sous-tendues par cette volonté d'appropriation et de dissection du beau et du jeune. La passion irrésistible de l'intégrisme sensuel soumet à son règne totalitaire  toutes les facultés de l'esprit. La consumation de l'altérité est la retombée indissociable d'un tel règne sans partages. A travers les récits plus ou moins fantasmatiques de Bataille et Queneau, l'on assiste à une dissolution du réel par une ébullition sensorielle dont l'absence de but humain caractérise l'avènement. La dimension spirituelle et intellectuelle est mise au service d'une dialectique de l'instantanéité réactionnelle des pulsions et lubies poussant sur un terreau existentiel voué à la disparition : "La méconnaissance ne change rien à l’issue dernière. Nous pouvons l’ignorer, l’oublier : le sol où nous vivons n’est quoi qu’il en soit qu’un champ de destructions multipliées." (1). Chaque chimère induit la possibilité d'une effraction hors des limites conventionnelles. Le scandale à n'aspirer qu'aux satisfactions du corps en imposant sa démesure infantile aux identités formatées par la raison demeure présent dans nos sociétés pourtant libérales libertaires. La privation du moi est résolue par la désintégration voluptueuse de l'autre. Comble du nihilisme. L'affranchissement du corps se déroule paradoxalement non dans l'accidentel mais l'organisation instinctive pour Rais, en un immense consentement à sa propre déroute sanctifiée par une morbidité érotisée, le tout porté par une volonté parodique de s'ériger en Dieu qui culmine dans la mise en scène du Procès. Dans Les Fleurs Bleues, Florence Charrier souligne le dédoublement onirique qui sape la conservation du sujet. L'ébranlement sensoriel investit les êtres en une contagion libidineuse dont la dynamique énergétique s'auto-dévore. L'exubérance d'un tel processus excède les contours normatifs du respect, de la dignité, de la tolérance et autres lois morales contemporaines. Le risque préféré à la tempérance, la dépense frénétique à la conservation maniaque et craintive de soi, tendant à se sentir vivant et n'existant qu'au seul prix d'admettre et même de provoquer sa propre perte. Le désastre des conséquences est annulé car ne demeure plus que le plongeon sensoriel dans l'avènement d'une perception instantanée. L'affranchissement de toute notion de responsabilité morale acquitte le sujet d'une éventuelle culpabilité repentante. Ni utilité hygiénique, ni justification sociétale, ni nécessité morale, c'est la pure gratuité du possible qui se déploie librement à travers ces récits. La dialectique du vide et de l'impossible s'affirmant par le sacrifice se déploie au fil des pages, le vertige du désir qui ne parvient jamais à saisir l'objet visé de façon harmonieuse accomplissant l'incapacité fondamentale de l'humain à s'établir autrement que puérilement dans le monde. Puérilité incandescente chez Rais qui se manifeste jusqu'à la tentative métaphysique de rédemption que fut son Procès : ce Procès des excès d'un sire cruel entre tous démontre à travers l'aspiration vers Dieu la naïveté et la roublardise d'un monstre "sacré" qui n'aspire en fait qu'à échapper à son destin humain trop humain.
L'aspiration interminable des sens vers une hypothétique satiété s'échoue en un érotisme inappropriable, dont la généalogie littéraire forme une longue suite de dérobades et de hantises sans origine ni stabilité, entraînant l'écriture de Bataille au fond du gouffre de terreur dont la profondeur met en abîme toute prévention esthétique ou philosophique, toute distanciation phénoménologique.  Queneau qui fut lecteur et éditeur chez Gallimard connaissait parfaitement l'œuvre de Bataille, porté qu'il était vers les écrits érotiques les plus divers allant de Sade à Lawrence en passant par Miller ou Nabokov, et les deux écrivains se fréquentèrent dès 1930 à l'occasion d'un manifeste contre Breton intitulé Un cadavre. Leur relation intellectuelle et amicale durera près d'une décennie. Sur le plan stylistique, les intentions diffèrent, Queneau préférant une approche langagière moins crue, plus ludique, alternant familiarités et formes précieuses, quand Bataille intensifie la charge triviale, sulfureuse et intolérable de l'excès littéraire. La lubricité indissociable de la souillure pour le second, l'amusement métaphorique et sémantique pour le premier. Les Fleurs Bleues pratiquent la ruse narrative alors que le Procès de Gilles de Rais déploie une rudesse descriptive sans fards.
Queneau bouscule l'ordre sémantique, s'amuse des illogismes, des résonnances d'onomatopées, en quête d'une spontanéité proche de l'oralité, visant à disjoncter ce qui organiserait un discours, un code ou un système narratif froidement structuré. Il dynamite l'objectivité pour ouvrir le champ à l'opacité de l'être : "Les arbres poussaient en silence et le règne animal limitait sa présence à des actes obscurs et muets."(2) Son écriture médiumnique propose une parodie de tous les instants, dont la perversion est plus joueuse que criminelle contrairement à Bataille dont l'œuvre est une course entre nihilisme et dépassement dionysiaque : "Il n'est pas de sentiment qui jette dans l'exubérance avec plus de force que celui du néant" (3). Leur dénominateur commun réside dans la volonté radicale de ne pas se soumettre  aux normes littéraires classiques et de rechercher une innocence qui excède les retenues morales les sous-tendant, s'affranchissant vigoureusement des  usages asphyxiants. L'essai qui suit nous permet d'approfondir la place de l'excès au sein de deux ouvrages intrinsèquement transgressifs, des limitations qui tendent à  circonscrire cet excès en s'appuyant sur des interdits à la fois archaïques et civilisationnels, et des stratégies employées par Bataille et Queneau pour s'en évader.



   
(1) La Part maudite précédé de La Notion de dépense (1949), Georges Bataille, éd. Éditions de Minuit, coll. Critique, 2003
(2) Raymond Queneau, Les Fleurs bleues (1965), éd. Gallimard, coll.
 Folio, 1978, p. 104
(3) L'Érotisme, Georges Bataille, éd. Éditions de Minuit, coll. Arguments, 1957, p. 78

Monday, January 16, 2012


La poussière s’accumulait sous les armoires liée au passage du balai interrompu à mi-chemin par lassitude. Balafre des non- dits dans le cortex, démission devant les offenses que rien n’arrêtait, consonance étrange entre patients, sorte de confrérie neuronale face à l’adversité muette. « Et qu’on ne se revoit pas » répétait en boucle le surveillant à Michelle « la boulimique », une fois de plus prise la main dans les réserves de sucreries, gardées au chaud dans la salle d’accueil. D’avoir la mort pour agent immobilier engendrait un réduit d’abolition affective que nulle ouverture ne venait contredire. Je n’attendais pas leur tampon pour savoir ce qu’était la bonne implication. Intégrité kaléidoscopique éraflée par des sentences issues d’une science même pas humaine, encore moins dure. Caoutchouc des promesses grillées, désirs gazouillants dans la cour, fourmillements dans le dos, crosse des contritions pouilleuses adoptées par les plus pleutres, fluctuation de conjugaisons névrosées, acceptations indolentes de la moindre récrimination. Dénommée malencontreuse, la destinée d’êtres esseulés se disséquait dans une atmosphère d’hypocrisie conglutinée. Aucun rapport n’était communiqué au concerné, la teneur des analyses soutenue par l’embarras d’orbites allumées de reflets cruels nous passait au-dessus de la pensée, promulguée qu’elle était par des fonctionnaires travaillant en catimini, façon sous-Kremlin de Préfecture. Au pied d’experts indigestes, certains formaient des vœux d’inhumation anticipée pour ces roitelets du TOC. Par un temps basané d’idées moissonnées au fond de théories caduques, les suppléants de cette inertie généralisée entrouvraient sans le savoir la porte comportementale pour des flirts aux couleurs de boucherie. Façon garnison de néant, nous gardions le silence.